On l'a oublié aujourd'hui mais l'histoire de Belfort et de son territoire est un véritable morceau d'anthologie, un reste et la preuve vivante d'une Lotharingie encore vivace après la défaite calamiteuse de Sedan.
La place forte de Belfort, Département du Haut Rhin, est tenue par le Colonel Denfert-Rochereau après la mort de son commandant, le général Abel Douay, au combat du Geisberg le 4 août 1870. Après la capitulation de Strasbourg le 28 septembre, les Allemands mettent le siège le 3 novembre devant Belfort, verrou du seuil de Bourgogne.
La garnison française fait plusieurs tentatives hardies de sorties, repoussées avec de lourdes pertes des deux côtés. L'hiver rigoureux rendit le siège très pénible, y compris pour les Allemands. Belfort ne sera pas prise d'assaut : le 16 février 1871 le gouvernement provisoire de la IIIe République française donna l'ordre de la reddition. La garnison sortit avec les honneurs. Belfort restait à la France, seule partie de l'Alsace à ne pas être annexée au nouvel Empire allemand.
L'image montre la difficulté du siège : une batterie allemande est sous le feu des canons de la forteresse assiégée. "La résistance opiniâtre des assiégés… égala d'ailleurs la valeure éprouvée et la persévérance des troupes badoises et prussiennes réunies autour de Belfort" précise le commentaire de l'image. Le colonel Denfert-Rochereau sera acclamé en France comme héros national.
Grâce à l'héroïsme du colonel Denfert-Rochereau, des défenseurs et des habitants de la ville de Belfort, Thiers obtient, à la signature du Traité de paix franco-allemand de Francfort-sur-le-Main le 10 mai 1871, après de longues tractations avec Bismarck, que Belfort reste française ; de même, que la frontière entre les deux pays soit finalement placée sur le seuil de Valdieu où coïncident à peu près, la ligne de partage des eaux entre le Rhin et le Rhône et la limite entre les langues alémanique et romande.
Ce lambeau d'Alsace, appelé territoire de Belfort / Haut-Rhin, est pourvu pendant 50 ans d'un statut administratif provisoire dans l'attente du retour des provinces perdues.
Après la 1ère guerre mondiale, il n'est néanmoins pas ré-incorporé au Haut-Rhin et devient, le 11 mars 1922, un département à part entière (le 90ème), sous le nom de Territoire-de-Belfort. Et voilà l'histoire résumée du plus petit département français resté farouchement attaché à son Lion, synonyme de résistance et d'héroisme (républicain).
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